L’anglais est aujourd’hui la lingua franca du monde. C’est la langue des affaires, de la diplomatie, de la recherche, d’internet. Apprendre l’anglais reste l’un des investissements les plus rentables qu’un apprenant puisse faire, et c’est la raison pour laquelle, la langue reste la plus apprise et la première proposée dans la plupart des applications de langues.
Mais après l’anglais, on retrouve généralement de nombreuses langues européennes, comme le néerlandais (24 millions de locuteurs), le suédois (10 millions) ou le norvégien (5 millions), sur les grandes plateformes comme Duolingo, Babbel ou encore Rosetta Stone.
Pendant ce temps, le bengali (230 millions de locuteurs), le télougou (90 millions) et le tamoul (80 millions) sont quasiment introuvables sur ces mêmes plateformes.
La grande question qui se pose est donc : pourquoi ces langues sous-représentées sont-elles ignorées ?
Ce rapport de Ling décortique des éléments de réponse très intéressants ! Continue donc de lire !
Pourquoi les applications ignorent-elles les langues sous-représentées mais à forte population de locuteurs ?
La réponse est assez simple : c’est généralement la rentabilité qui influence le développement des cours dans les applications ou encore la valeur professionnelle de la langue, et non pas le nombre de locuteurs.
Duolingo, Babbel et Rosetta Stone privilégient ainsi les langues qui génèrent des abonnements sur les marchés occidentaux, d’où les choix de cours de langues comme :
- Le suédois (10 millions de locuteurs)
- Le néerlandais (24 millions de locuteurs)
- Le norvégien (5 millions de locuteurs)
En revanche, on retrouve ces chiffres dans les langues non proposées comme :
- Le bengali (230 millions de locuteurs)
- Le pendjabi (125 millions de locuteurs)
- Le télougou (90 millions de locuteurs)
En d’autres termes, la 7e langue la plus parlée au monde, le bengali, dispose de moins de supports d’apprentissage que le suédois (classé 90e).
Certes, les langues occidentales ont une valeur professionnelle non négligeable. La mondialisation, notamment, a fait de l’Europe l’une des destinations professionnelles les plus attractives au monde. Il est donc logique pour les personnes qui y développent leur carrière d’apprendre à parler des langues européennes.
Mais cela veut-il dire que les autres langues, moins répandues, ont moins de valeur ? Absolument pas !
C’est la raison pour laquelle Ling adopte une approche très différente de celles des grandes plateformes.
Chez Ling, les cours de langues sont ajoutés en fonction du nombre de locuteurs et de la demande des apprenants. Nos données complètes sur les utilisateurs de 2025 prouvent que le marché des langues rares, peu connues et peu enseignées existe et qu’il reste un vaste espace à combler.
Ce que les utilisateurs de Ling apprennent vraiment
D’après les données de Ling pour 2025, les apprenants choisissent des langues très différentes de celles proposées par les grandes applis.
| Rang | Langue | Utilisateurs actifs (2025) |
|---|---|---|
| 1 | Thaï | 387 982 |
| 2 | Tagalog | 148 713 |
| 3 | Albanais | 65 987 |
| 4 | Serbe | 58 981 |
| 5 | Tamoul | 38 599 |
| 6 | Malayalam | 36 723 |
| 7 | Cantonais | 36 396 |
| 8 | Marathi | 34 152 |
| 9 | Géorgien | 33 668 |
| 10 | Télougou | 33 617 |
Source des données : analyses d’utilisateurs de l’application Ling (1er janvier au 31 décembre 2025)
Le choix de ces langues est rarement le fruit du hasard. Les utilisateurs de Ling qui apprennent ces langues ont des objectifs précis : progresser professionnellement sur les marchés émergents, renouer avec leurs origines ou découvrir et se connecter avec de nouvelles cultures (peu populaires).
Le thaï est en tête de liste parce que Bangkok est aujourd’hui la capitale des digital nomads d’Asie du Sud-Est. Le tagalog (ou filipino) se classe également deuxième grâce à la domination des Philippines dans l’externalisation de services. Quant à l’albanais et au serbe, ils attirent les apprenants qui visent à renouer avec leurs origines dans les Balkans.
Les grandes applications n’investissent pas dans le développement de cours pour ces langues peu répandues, car les coûts ne se justifient pas au regard des revenus potentiels, qui semblent faibles au premier abord.
Et c’est précisément ce qui crée l’opportunité.
Le thaï : la langue du hub des nomades numériques
Bangkok est la capitale des nomades numériques (ou digital nomads) d’Asie du Sud-Est, ce qui crée une demande unique de travailleurs à distance parlant thaï et gérant des équipes locales.
“Le thaï est la langue fondatrice de Ling” , explique Simon, PDG de Ling, basé à Chiang Mai.
“Mon épouse Kwan, cofondatrice de Ling, est thaïlandaise, et nous avons créé Ling précisément parce que je voulais une application pour apprendre le thaï, absente des grandes plateformes qui ignorent les 60 millions de locuteurs du thaï, ainsi que la demande de toutes les personnes qui cherchent à l’apprendre. Cela montre que ces applications ignorent toute langue qui ne correspond pas à leur modèle économique occidental habituel.”
Ce fossé explique pourquoi le cours de thaï a attiré plus de 387 982 apprenants actifs sur Ling en 2025, ce qui en fait de loin la langue la plus apprise sur la plateforme.
Pour les digital nomads à Bangkok ou à Chiang Mai, maîtriser le thaï change le quotidien, notamment pour négocier son loyer directement avec les propriétaires, faire ses courses sur les marchés locaux plutôt que dans les boutiques attrape-touristes, et accéder facilement aux soins dans les hôpitaux thaïlandais, bien moins chers que dans les cliniques internationales.
Au-delà des économies que le thaï permet de réaliser, la langue ouvre les portes du riche héritage culturel bouddhiste de la Thaïlande, de ses arts traditionnels et de sa cuisine régionale, inaccessibles à ceux qui ne parlent qu’anglais ou français.
Cela dit, le système tonal et l‘écriture thaïe rendent l’apprentissage de la langue assez difficile.
Développer un cours de thaï exige donc des enregistrements précis de locuteurs natifs pour chaque leçon, ce que Ling maîtrise parfaitement.
L’indonésien : la langue du meilleur rapport effort-valeur
L’indonésien offre l’accès le plus simple à de nombreux avantages.
Ses atouts principaux :
- 275 millions de locuteurs dans la 16e économie mondiale
- Langue facile classée en catégorie III par le FSI (seulement 900 heures pour atteindre un bon niveau)
- Alphabet latin, aucun ton, grammaire facile
Le gouvernement indonésien a prévu d’envoyer 500 000 travailleurs à l’étranger en 2026, notamment dans les domaines de la santé et de la tech, selon The Jakarta Post, ce qui crée une demande immédiate de coordinateurs chargés de gérer les flux de main-d’œuvre transfrontaliers.
Selon les données de 2025, l’indonésien a atteint plus de 31 996 apprenants actifs chez Ling
Le serbe : la langue d’accès régional
Le serbe, langue slave classée n°1 sur Ling, revêt une valeur stratégique grâce à son intelligibilité mutuelle avec d’autres langues BSCM (autrefois regroupées sous le nom de serbo-croate).
Le BSCM est parlé :
- En Serbie (7 millions de locuteurs)
- En Bosnie-Herzégovine (3 millions de locuteurs)
- En Croatie (5 millions de locuteurs )
- Au Monténégro (620 000 locuteurs )
Le serbe permet donc de communiquer avec plus de 20 millions de locuteurs d’une même langue.
D’après les données de 2025 de Ling, le serbe a attiré 58 981 utilisateurs actifs, principalement des apprenants stratégiques qui souhaitent se reconnecter à leurs origines.
Le tagalog : la langue de l’externalisation de services
Les Philippines sont la capitale mondiale des centres d’appels. Avec une base de locuteurs de plus de 45 millions aux Philippines et plus de 10 millions de travailleurs à l’étranger, la maîtrise du tagalog ouvre des postes à la tête d’équipes multilingues, assortis d’une prime salariale de 10 à 15 % par rapport aux postes uniquement anglophones.
Selon les données de 2025 de Ling, le filipino a attiré 148 713 utilisateurs actifs.
L’albanais : la langue rare
L’albanais bénéficie d’une concurrence quasi nulle.
Avec seulement 7,5 millions de locuteurs en Albanie, au Kosovo, et en Macédoine du Nord, son atout principal est qu’elle est très peu apprise.
L’Albanie connaît une croissance économique rapide et est candidate à l’UE depuis longtemps. Les besoins professionnels en albanais sont donc bien là.
D’après les données d’utilisateurs de Ling pour 2025, l’albanais a attiré plus de 65 987 apprenants.
Le vietnamien : le pari carrière stratégique
La langue vietnamienne domine les classements de rentabilité professionnelle pour une raison précise : la production industrielle se déplace de la Chine vers le Vietnam à une vitesse sans précédent.
En effet, le Vietnam vise 8 % de croissance du PIB en 2026, la croissance la plus rapide de la zone Asie-Pacifique, selon le rapport 2026 de Reeracoen Vietnam. Les investissements directs étrangers ont atteint 36,6 milliards de dollars en 2024, soit une hausse de 32 % sur un an.
Le Vietnam manque cruellement de personnel bilingue capable de maintenir le lien entre les sièges occidentaux des entreprises et leurs usines vietnamiennes.
Les locuteurs de vietnamien ont des avantages concrets comme négocier directement avec les fournisseurs locaux, gérer les démarches administratives sans intermédiaire et bâtir de véritables relations d’affaires avec des partenaires vietnamiens.
Ces facteurs jouent un rôle déterminant pour l’avenir des carrières, à mesure que les entreprises étendent leurs activités au Vietnam.

Le fossé des langues asiatiques : des langues très parlées mais délaissées
Les langues régionales asiatiques affichent le plus grand écart entre le nombre de locuteurs et leur disponibilité dans les applications de langues.
| Langue | Locuteurs | Utilisateurs Ling 2025 |
|---|---|---|
| Bengali | 230 M | 26 078 |
| Pendjabi | 125 M | 26 980 |
| Télougou | 90 M | 33 617 |
| Tamoul | 80 M | 38 599 |
| Malayalam | 38 M | 36 723 |
Source des données : nombre de locuteurs selon Ethnologue, analyses d’utilisateurs Ling 2025
Ces cinq langues totalisent 563 millions de locuteurs selon Ethnologue, soit plus que les 475 millions de locuteurs natifs de l’espagnol. Pourtant, des cours de qualité restent presque introuvables sur les grandes plateformes.
Pourquoi les applis ignorent-elles ces langues ?
Le bon niveau d’anglais des populations Sud-Asiatiques rend les cours dans ces langues moins rentables. Les applications se contentent donc de proposer des cours d’anglais ou de hindi, visiblement plus utiles.
Mais les opportunités sont bien là : à mesure que l’économie numérique de l’Inde s’éloigne des grandes villes comme New Delhi, les compétences en langues régionales deviennent cruciales.
Le bengali : le paradoxe des 230 millions de locuteurs
Le bengali est la 7e langue la plus parlée au monde, et pourtant trouver des ressources d’apprentissage reste quasiment impossible.
Les entreprises qui s’implantent au Bangladesh ou qui servent la diaspora bengalie (plus de 450 000 locuteurs au Royaume-Uni, sans compter les États-Unis et le Moyen-Orient) se contentent de l’anglais comme langue de communication. Cela dit, la demande est bien réelle.
Selon les données de 2025 de Ling, le bengali a attiré 26 078 apprenants actifs.
Le télougou et le tamoul : les langues des hubs tech indiens
Le télougou (90 millions de locuteurs) et le tamoul (80 millions de locuteurs) sont les langues régionales phares de l’Inde, toutes deux quasi invisibles dans les grandes applications comme Duolingo.
Ces deux langues, avec le kannada (parlé à Bangalore), dominent le secteur de l’informatique en Inde. Hyderabad (télougou) et Chennai (tamoul) sont de grands hubs technologiques où l’anglais est majoritairement utilisé lors des réunions formelles, mais où les langues régionales dominent les discussions au sein des équipes.
De plus, le tamoul offre une profondeur culturelle exceptionnelle : c’est une langue classique avec plus de 2 000 ans de tradition littéraire continue qui précède la période classique latine.
En effet, la littérature Sangam (300 av. J.-C. à 300 apr. J.-C.) est encore étudiée aujourd’hui. Le cinéma tamoul moderne se classe également au deuxième rang de l’industrie cinématographique indienne.
Le télougou donne aussi accès à la poésie classique, à la danse traditionnelle Kuchipudi et à l’une des plus grandes industries cinématographiques du monde en volume de production (Tollywood, à Hyderabad).
Ling propose les deux langues. D’après les données de 2025, le tamoul a attiré 38 599 utilisateurs actifs et le télougou 33 617.
Les langues sous-représentées à la croissance la plus rapide chez Ling (2023-2025)
D’après les analyses d’utilisateurs de Ling sur trois ans, les langues rares, peu apprises ou sous-représentées affichent une croissance spectaculaire à mesure que les apprenants découvrent l’opportunité de les apprendre.
| Langue | Utilisateurs 2023 | Utilisateurs 2024 | Utilisateurs 2025 | Croissance sur 3 ans |
|---|---|---|---|---|
| Thaï | 138 144 | 275 555 | 387 982 | +181 % |
| Tagalog (Filipino) | 58 066 | 89 726 | 148 713 | +156 % |
| Coréen | 81 067 | 138 305 | 73 872 | -8,9 % |
| Albanais | 50 806 | 70 737 | 65 987 | +29,9 % |
| Serbe | 50 374 | 55 335 | 58 981 | +17,1 % |
Source des données : analyses d’utilisateurs de l’application Ling entre 2023 et 2025
Points clés :
- Le thaï et le tagalog (filipino) mènent la danse, avec des croissances de 181 % et 156 %
- Le coréen a bondi de 70,6 % en 2024 sous l’effet de la vague de la culture coréenne, avant de reculer de 46,6 % en 2025 une fois la tendance stabilisée
- Le serbe affiche une croissance régulière de 17,1 %, ce qui reflète un intérêt stratégique pour les Balkans
Qu’est-ce qui rend l’application Ling différente des autres applications ?
Ling se spécialise dans les langues que les autres applis évitent : les langues rares, peu parlées, peu apprises, peu enseignées ou sous-représentées.
Notre approche est la suivante :
- Une priorité donnée aux langues asiatiques et est-européennes
- Un contenu de qualité créé par des locuteurs natifs
- Des cours de langues développées en fonction des populations et de la demande, et non de la taille du marché occidental
Ling enseigne plus de 70 langues, dont la majorité est ignorée par les grandes plateformes, comme le thaï.
“Commencer par le thaï nous a appris quelque chose d’essentiel”, explique Simon, PDG de Ling. “Si on peut créer un contenu de qualité pour une langue tonale dotée d’une écriture unique, on peut le faire pour d’autres langues sous-représentées. C’est pourquoi nous avons étendu notre offre à d’autres langues comme le serbe, l’albanais, le khmer, le bengali et d’autres : des langues parlées par des millions de personnes, mais avec peu de supports d’apprentissage de qualité.”
Ling répond donc à une véritable demande que le marché ignore. Nos 387 982 apprenants actifs de thaï, rien qu’en 2025, prouvent que la demande existe.
FAQ – Les langues sous-représentées
Quelle langue peu connue est la plus facile à apprendre ?
L’indonésien, avec seulement 900 heures d’apprentissage, un alphabet latin et une grammaire accessible, est la langue la plus facile à apprendre.
Apprendre une langue rare peut-il augmenter mon salaire ?
Les compétences linguistiques associées à une expertise professionnelle génèrent des opportunités que tu ne trouveras nulle part ailleurs. Les langues comme le vietnamien, par exemple, peuvent entraîner des hausses de salaire de 15 à 20 %.
Peut-on apprendre une langue peu connue sans immersion dans le pays où elle est parlée ?
Oui. Utiliser une application immersive comme Ling peut permettre d’apprendre une langue peu connue sans avoir besoin de voyager, du moins au début de ton parcours. Cela dit, s’entraîner à parler avec des locuteurs natifs reste l’une des meilleures méthodes pour progresser rapidement.
Ling, la vraie opportunité d’apprendre les langues sous-représentées en 2026 !
Les données révèlent une tendance claire : les langues les plus utiles ne sont pas toujours les plus populaires.
Pendant que des millions de personnes se disputent les postes exigeant des compétences en espagnol ou en anglais, les langues sous-représentées, avec un nombre de locuteurs comparable ou supérieur, ne rencontrent quasiment aucune concurrence.
Ce fossé existe parce que, sur les grandes plateformes, c’est généralement la rentabilité qui dicte la conception des cours, et non la valeur linguistique.
Chez Ling, on enseigne plus de 70 langues précisément parce qu’on croit que les autres langues, même moins connues, méritent d’être représentées, quelle que soit leur rentabilité sur les marchés. Plus de 387 982 apprenants ont choisi le thaï en 2025. 148 713 autres ont choisi le tagalog. Ils ne suivent pas les tendances. Ils les devancent.
Et si tu faisais comme eux ? Découvre les langues proposées par Ling en téléchargeant l’application !
Méthodologie : comment Ling recueille ses données
Les analyses d’utilisateurs de Ling pour 2025 portent sur plus de 60 000 apprenants actifs suivis sur 12 mois (janvier 2024 à décembre 2024).
Un “apprenant actif” est un utilisateur qui effectue au moins 3 leçons par semaine pendant au moins 8 semaines.
Ces données ont été recueillies via les systèmes de collecte de données de Ling et analysées par notre équipe de data science à Chiang Mai, en Thaïlande.
Cette méthodologie garantit que nos classements de popularité des langues reflètent un engagement d’apprentissage durable, et non de simples téléchargements ou d’utilisateurs en période d’essai.